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Cheval contre performant

Chapitre 1 : L’anamnèse

Celle-ci est capitale pour établir la durée et la sévérité de la diminution des performances. Il est important de pouvoir déterminer si cet état est chronique et progressif ou aigu et inattendu, si le cheval a ou n’a jamais eu de bonnes capacités à l’effort.

Les questions :

Motif de la consultation  
Le cheval est-il boiteux ?  
Le cheval présente-t-il des signes de détresses respiratoire ?  
Le cheval :  
Souffle-t-il anormalement après une course ?  
Présente-t-il des défauts d’allure ( pas en ligne ) ?  
Perd-il du terrain dans les premiers mètres de la course ?  
Plafonne-t-il en fin de course ?  
Présente-t-il une baisse d’appétit après une course ?  
   
Détails concernant les courses et l’entraînement :  
Distance de course habituelle ?  
Résultats récents en course ?  
Depuis combien de temps le cheval est-il à l’entraînement ?  
Laps de temps habituel entre deux courses ?  
Détails du programme d’entraînement :  
Nombre de travaux par semaine ?  
Autres exercices ?  
Le cheval a-t-il eu des performances avant cette période  
Durée et motif de la dernière phase de repos du

cheval ?

 
Le cheval devient-il excité et difficile le jour de la course ?  
   
Anamnèse médicale  
Maladies ou blessures récentes ?  
Le cheval fait-il un bruit respiratoire anormal au cours de l’exercice ?  
Le cheval tousse-t-il au repos ou pendant l’exercice ?  
Le cheval a-t-il déjà saigné du nez ou eu une endoscopie révélant la présence de sang dans la trachée ?  
Le cheval présente-il des signes de souffrance musculaire après le travail rapide ?  
Le cheval a-t-il eu des soins vétérinaires récents ?  
Le cheval reçoit-il actuellement un traitement ?  
   
Autres questions :  
Alimentation du cheval ?  
- En période de travail  
- En période de repos  
Le cheval reçoit-il un complément alimentaire ?Si oui le ou lesquels ?  
Statut vaccinal ?  
Dernière vermifugation ?  
Déroulement général d’une journée de repos   
Boxe ( dimension – durée passée au box )  
Prairie ( durée passée en prairie )  
Paddock ( durée passée au paddock )  

 

Chapitre 2 : Examen clinique :

Système locomoteur

Les boiteries constituent la principale cause de contre performance chez les chevaux athlètes même lorsque ces troubles sont sous-jacents ( c’est à dire sans signe clinique apparent ). Bien qu’il soit difficile d’identifier une affection musculo-squelettique comme cause principale de la contre performance, son traitement peut souvent entraîner une amélioration des performances. Il est néanmoins essentiel de noter qu’un nombre élevé de bons performers présente des affections locomotrices sous-jacentes sans que cela n’affecte leur performances.

Procédure d’examen :

Examen au repos Symétrie musculaire  
  Capsules articulaires  
  Capsules tendineuses  
  Autres anomalies  
Examen au pas Ligne droite  
  Cercle court main droite  
  Cercle court main gauche  
  Reculé  
Examen au trot sol dur Ligne droite  
  Cercle court à droite  
  Cercle court à gauche  
Examen au trot sol mou Ligne droite  
  Cercle court à droite  
  Cercle court à gauche  
Remarques    
     

 

Tests de flexion-extension

Antérieur droit Paturon – Boulet  
  Carpe  
  Test du coin  
  Test du coin inversé  
Antérieur gauche Paturon – Boulet  
  Carpe  
  Test du coin  
  Test du coin inversé  
Postérieur droit Paturon – Boulet  
  Jarret – Grasset  
Postérieur gauche Paturon – Boulet  
  Jarret - Grasset  

 

Examen du dos :

Symétrie  
Palpation – pression  
Ventroflexion  
Dorsiflexion  
Remarques  

 

En fonction des résultats obtenus par cette première inspection, on va pouvoir s’orienter vers une études plus approfondie des zones à problème.

Les pathologies le plus fréquemment rencontrées :

  1. Les articulations – Les tendons

La pathologie locomotrice équine est dominée par l’incidence clinique de deux grands types de lésions :

Chevaux de trot : tendinopathies du ligament suspenseur du boulet proximal et distal, dorsalgie, sensibilité podale par percussion.

bulletPathologies ostéo-articulaires juvéniles acquises au cours de la croissance du sujet ( OCD – kystes osseux et sous chondraux )
bulletPathologies ostéo-articulaires induites par l’entraînement et la compétition. Ces dernières, véritables affections professionnelles, sont intimement dépendantes de la spécialité sportive du cheval. Exemples : chevaux de galop : Tendinopathies du fléchisseur superficiel du doigt, affection du métacarpe, arthropathies métacarpo-phalangiennes.

      2.  Les muscles

Il règne encore actuellement une grande confusion entre les auteurs au sujet des " accidents musculaires " dont souffrent les chevaux de sport. Que ce soit au niveau étiologie ou terminologie, à titre d’exemple, myoglobinurie, myopathie, myosite, myalgie, maladie du lundi, tying up ou encore rhabdomyolyse désignent tous un même syndrome caractérisé par des accidents musculaires, des crampes et de la raideur.

Pour simplifier les choses, nous parlerons de rhabdomyolyse qui semble être le terme qui correspond le mieux aux découvertes anatomo-pathologique. On distingue deux types de rhabdomyolyse selon leurs caractéristiques cliniques : les RA ou rhabdomyolyse aiguë et les RRIE ou rhabdomyolyse récurrentes induites par l’exercice

Étiologie :

RA : survient au cours d’exercices intenses ( vitesse ou endurance ) pendant lesquels le cheval a été sollicité pour un travail qui dépasse ses capacités sportives. Dans de pareilles conditions elle semble liée a une déficience en ATP due à une acidose lactique marquée ( exercice a haute vitesse ) ou a un épuisement des réserves glycogéniques ( exercice de longue durée )

RRIE : elle est indépendante de l’intensité de l’effort réalisé mais elle est la conséquence d’une variétés de facteurs favorisants :

bulletSurcharge glycogénique : rations trop riches en hydrates de carbone
bulletDéficience de la fonction du sarcolème : trouble héréditaire
bulletFacteurs génétiques : caractère héréditaire de la susceptibilité au RRIE
bulletDéséquilibre ioniques 
bulletCarence en vitamine E et Sélénium
bulletInfluence hormonale : incidence beaucoup plus élevée chez les femelles - hypothyroïdie
bulletCauses infectieuses :  infection virale ( le remise prématurée au travail après une affection virale )

Symptômes :

La RA se différencie de la RRIE par le moment d’apparition de la crise ( RRIE apparaîtra à l’échauffement alors que le travail est léger, par contre la RA apparaîtra en plein effort )

Ils sont très variables : de l’absence de signe clinique au décubitus latéral.

Raideur, douleur à la palpation, changement régulier de pieds, mise en position de miction, grattage du sol, cheval anxieux qui refuse d’avancer. Parfois la manifestation de la douleur est beaucoup plus violente avec tachypnée, tachycardie, sudation profuse, congestion des muqueuses, décubitus, iléus.

Diagnostic :

RA : repose essentiellement sur l’examen clinique et l’anamnèse

RRIE : plus subtile reposera moins sur l’examen clinique car en dehors des crises tout est en général normal, mais plus sur l’anamnèse et sur les examens complémentaires comme une épreuve à l’effort .

Examens complémentaires :

bulletScintigraphie
bulletRadiologie
bulletÉchographie
bulletAnalyses sanguines

 

L’appareil respiratoire

Appareil respiratoire supérieur :

Toute diminution de diamètre du tractus respiratoire supérieur va constituer un ralentissement voire un obstacle à l’apport d’oxygène et l’élimination du dioxyde de carbone.

Anamnèse : y a-t-il ou non présence de bruit respiratoire ?

Examen clinique :

Inspection Cycle respiratoire Fréquence  
  Phase inspiratoire  
  Phase expiratoire  
  Symétrie tête – encolure  
  Écoulements naseaux  
  Symétrie des colonnes d’air  
Palpation Nez – Septum nasal  
  Muscles laryngés  
  Larynx  
Percussion Sinus  

 

Examen complémentaire : Endoscopie

  1. Au repos
  2. Recherche de toute asymétrie ou rétrécissement anormal des voies respiratoires supérieures :

    Cavités nasales Méats  
      Ethmoïde  
    Nasopharynx Voile du palais  
      Follicules lymphoïdes  
    Poches Gutturales    
    Larynx Épiglotte  
      Cartilages aryténoïdes  
    Tests Fermeture des naseaux  
      Réflexe de déglutition  
      Test de la gifle  
    Trachée Réflexe de toux  
      Aspect  
      Contenu  
      Aspect de liquide de lavage  
    Bifurcation bronchique    

    Classification d’un dysfonctionnement partiel des muscles laryngés abducteurs se traduisant par un mouvement asymétrique des cartilages aryténoïdes :

    Grade 1 Abduction et adduction symétriques et synchrones des cartilages gauche et droit
    Grade 2 Quelques mouvements asynchrones ( hésitation – pulsation – ou faiblesse de l’abduction ) du cartilage gauche pendant n’importe quelle phase de la respiration ; une abduction complète du cartilage gauche peut être maintenue par la déglutition ou l’occlusion nasale
    Grade 3 Mouvements asynchrones ( hésitation – pulsation – ou faiblesse de l’abduction ) du cartilage gauche pendant toutes les phases de la respiration ; une abduction complète du cartilage gauche ne peut pas être induite par la déglutition ou l’occlusion nasale. Un test à l’effort est indispensable
    Grade 4 Pas de mouvement marqué du cartilage gauche pendant les phases de la respiration/

    Conclusions :

    Grades 1 et 2 : ces chevaux sont la plupart du temps capables de travailler sans signe d’intolérance à l’effort

    Grade 3 : nécessitent un examen à l’effort

    Grade 4 : atteint d’obstruction respiratoire.

  3. A l’effort :

Cet examen est indiqué pour tous les chevaux présentant un mouvement asynchrone de grade 3 des cartilages aryténoïdes, présentant une épiglotte de taille ou d’allure anormale, un déplacement trop aisé du palais mou, les chevaux présentant des antécédents d’obstruction des voies respiratoires ou des bruits anormaux et dont le résultat de l’examen au repos ne permet pas le diagnostic

Autres examens complémentaires :

Radiographie

Radioscopie

Scintigraphie : Osseuse : indiquée pour toutes les suspicion de remodelage osseux (par ex. dent – fracture – ostéomyélite - tumeur ) au niveau de la tête du cheval. Ventilation / perfusion.

Tomodensitométrie.

 

Appareil respiratoire profond :

Maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) : d’origine allergique (moisissures), provoque une augmentation de la résistance à l’écoulement de l’air.

Symptômes : toux – jetage muco-purulent – diminution de la performance – dans les cas plus graves : râles – crépitations – dyspnée. La réversibilité des symptômes s’observe lors du changement d’environnement.

Inflammation chronique des voies respiratoires (ICVR) : inhalation d’allergène, d’agents polluants, persistance dans l’appareil respiratoire d’agents infectieux viraux ou bactériens.

Symptômes : sont non spécifiques et ressemblent à ceux de la MPOC.

Hémorragie pulmonaire induite par l’exercice (HPIE) : saignements dus à la rupture de capillaires sanguins suite à une hypertension pulmonaire lors d’exercice intense. Conséquence d’une inflammation chronique, bronchiolite, affection cardiaque (ex. fibrillation auriculaire), obstruction des voies supérieures

Symptômes : intolérance à l’effort, seulement 10% des chevaux présentent de l’épistaxis.

Examens complémentaires :

Endoscopie : idéalement elle devrait pouvoir se faire 30 à 60 minutes après un effort violent intense afin d’évaluer la présence de sang ou de muco pus.

Lavage trachéal et cytologie – micro-biologie

Échographie : bien utile dans les cas de pleurésie ou de pleuro-pneumonie.

Biopsie pulmonaire.