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Une histoire de famille et de passionnés du Cheval

      

            Les Iviers ont de l’Endurance                                                     

Après dix années à investir à bon escient dans l’Endurance, l’élevage de purs sangs arabes des Iviers (situé aux portes de Chimay, à un jet de pierre de la frontière française), récolte désormais les fruits d’une politique menée de concert par la famille Scohier.

" Les Iviers ", c’est avant tout Evelyne Scohier, une personnalité infiniment discrète mais remarquable tant pour ses qualités humaines qu’équestres : l’originalité de ses options, la continuité de sa politique et la pondération de ses attitudes n’en sont que quelques preuves.

Passionnée par les chevaux en général et par l’Arabe en particulier, c’est à la fin des années 70 qu’Evelyne Scohier crée, au beau milieu de la Fagne de Chimay , " son " Haras des Iviers dont l’ambition est toute simple : élever des purs-sangs arabes beaux à regarder mais surtout bons à monter. Et tandis qu’avec les années 80, la Belgique du cheval arabe ne jure que par les shows de modèle et allures, Evelyne Scohier, qui aurait pu comme tant d’autres sacrifier à cette mode, en prend l’exact contre-pied. Probablement influencée par la nature exigeante qui l’entoure et par le fait qu’elle utilise quotidiennement le pur-sang arabe comme cheval de selle, elle prêche pour un arabe de sport et de travail. Aussi, quand il s’agit de faire appel à un premier étalon reproducteur, elle choisit Sky Banner (Oran x Navarra) appartenant à Marie Wabbes et réputé comme un excellent géniteur de poneys de sport. Et en 1984, lorsque les besoins d’un étalon-maison se font sentir, c’est sur l’hippodrome de Varsovie qu’on le choisit. Il a quatre ans, un physique de Ben Johnson, neuf courses de plat au compteur dont six podiums et une victoire. En plus, il est né au fameux haras de Janow Podlaski et sa généalogie est princière (Gondolier x Pentoda). C’est Pedant. Dès l’automne, il est à Chimay.

 

Parallèlement à la genèse des Iviers, une nouvelle discipline équestre se développe : l’Endurance. Pionniers de ce sport, les Américains vont prouver incontestablement aux autres nations que le pur-sang arabe possédait des qualités bien supérieures à celles des autres races de chevaux pour réussir dans ces courses de l’extrême. A la fin des années 80, trois cavaliers belges d’Endurance font l’acquisition de produits élevés par les Scohier : Jean-Luc Marchal avec Annabelle (Radfan x Firousi), Jean-Claude Leclercq avec Djahan (Sky Banner x Deva) et Pierre Arnould avec Chahid (Sky Banner x Charaffedine). Hormis leur appartenance aux Iviers, ces trois chevaux avaient peu de points communs : ils étaient de lignée différente, de sexe différent, de robe différente... Pourtant, dans les années qui suivirent, ils s’illustrèrent tant et si bien dans la discipline qu’ils furent chacun amenés à défendre les couleurs de l’équipe nationale belge lors de Championnats d’Europe ou du Monde.

 

De tels résultats dans une telle discipline correspondaient évidemment de manière parfaite aux aspirations d’Evelyne Scohier qui, tout en voyant ses chevaux retrouver leur vocation initiale de coursiers faits pour porter lourd, vite et longtemps, récoltait les fruits d’une politique volontaire pourtant jugée par d’aucuns marginale et téméraire. Ce n’était qu’un début... Dès 1995, les produits de Pedant (approuvé en 1987 et 88 avec une première prime) font leurs premiers pas en Endurance sur des petites courses de 20 à 50 kms et se font remarquer pour leurs aptitudes, c’est notamment le cas de Forsythia (Pedant x Fobia) avec Véronique Geritzen et de Faris (Pedant x Fobia) avec Audrey Fraipont. Les Iviers affichent de plus en plus clairement le label " Endurance " … Le déclic final se passe à l’entre-saison quand Pierre Arnould qui vient de se séparer de sa jument de tête, Belle (7ème au Championnat du Monde de La Haye, 16ème au Championnat d’Europe de Morlaix), passe avec le haras un accord de collaboration. Comme chevaux d’âge, on ne peut "malheureusement" lui proposer que les "invendus", deux juments toisant à peine le mètre quarante-cinq. Qu’importe Pierre a, sur les grandes courses, eu l’occasion de juger sur le vif des liliputiens comme Grand Sultan, Ami, Roc’h, Horla ou Lizazat: il lui presse d’en monter un. Après quelques semaines, il choisit de garder Krizia (Pedant x Krizella), promptement immatriculée à la FRBSE comme Krizia des Iviers, une jument baie de 7 ans (1989) toisant 1m44 avec ses fers et ses plaques. Dès le mois de mars 1996, Krizia enchaîne course sur course. En août, elle termine 2ème sur une 100 kms à Arnhem à du 14 km/h et en novembre, bien que toujours propriété du haras, elle suit son cavalier au Portugal et devient comme lui une fada de l’Endurance, courant partout en Europe, au point d’aligner en deux saisons internationales, une douzaine de courses dont cinq 160 kms, une victoire sur l’Ardennaise 97, deux Championnat d’Europe (Rome – Elvas-Badajoz ) et deux Championnat du Monde (Dubaï et Compiègne en tant que réserve ).

Mais un arbre ne doit pas cacher la forêt. Dans le sillage de Krizia des Iviers sont apparus quantité d’autres chevaux plus que prometteurs. En 2000, sur les circuits belges et français, plus de 20 chevaux des Iviers se sont illustrés, tandis qu’au haras même, l’Endurance est devenue la priorité des priorités. Pierre-Emmanuel Scohier, vétérinaire et fils de la maison, atteint lui aussi par le virus, met tout son savoir, ses compétences et sa clinique ultra-moderne a disposition pour optimaliser la préparation des chevaux. Marie-France Scohier fille de la maison apporte quant à elle toute son expérience, accumulée depuis de nombreuses années, en dressage en vue d'affiner la condition physique de nos champions. Akira Ter Elst, Catherine Henuzet, Gwenn Cuisenaire, Marie Detollenaere, Enora Boulenger et Grégoire Tilquin complètent l'équipe en tant que cavaliers et nous apportent énormément de satisfaction tant leur motivation et leur envie de progresser est grande.

 

 

Au niveau de l’élevage, le haras peut compter sur une dizaine de juments poulinières (aux origines polonaises quasi intégrales), sur Pedant bien sûr (géniteur de près de 80 produits inscrits au studbook belge), mais également sur un deuxième étalon: Waracz (Haracz x Wolga), multi-champion international de show aux origines à nouveau fortement marquées par l’élevage polonais. En tout, c’est une trentaine de chevaux qui stationnent en permanence aux Iviers. Comme en Pologne, les poulains sont toujours baptisés d’un prénom commençant par la première lettre du prénom de la jument.

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