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Les plaies.                                     DCL-1999-0379_PH.jpg (18379 octets)

 

Aucun cheval n’est à l’abris d’une plaie. Qu’il vive au boxe ou au pré, son environnement est rempli d’objets insolites : mangeoire, vis, piquets de clôture, fils barbelés, etc... Les chutes et les coups de pied des congénères sont encore d’autres causes de traumatismes. La découverte d’une plaie n’est pas une chose très agréable d’autant plus quand elles sont de taille importante et qu’il y a beaucoup de sang. Vous pouvez par des actes simples faciliter le travail du vétérinaire. La règle numéro 1 est la prudence : votre sécurité, la sécurité des personnes présentes et la sécurité du cheval ne doivent pas être négligées. Un cheval qui a mal peut devenir très violent, dans ce cas ne prenez aucun risque en attendant le vétérinaire. Ce dernier possède plus de possibilités pour rendre l’animal plus abordable.

Comment réagir ? Quels sont les gestes à adopter en attendant le vétérinaire ? Dans cet article, nous allons proposer une conduite à suivre si votre compagnon est victime d’une plaie.

Les membres sont le plus souvent atteints, malheureusement la cicatrisation n’y est pas optimale et ce pour différentes raisons.

bulletL’extrémité des membres du cheval n’est pas entourée de muscles, elle est constituée d’os, d’aponévroses, de tendons et de ligaments. Ces structures sont beaucoup moins vascularisées que les muscles ce qui constitue un obstacle à l’apport des nutriments nécessaires à la reconstitution d’un tissu fonctionnel.
bulletLa contraction des plaies distales du membre est limitée.
bulletLes plaies sont le plus souvent contaminées et traumatiques.
bulletLa difficulté d’immobiliser le membre, augmente le temps de guérison.
bulletLes cellules actrices de la cicatrisation ( fibroblastes) réagissent très rapidement suite à un trauma cutané pour tenter de reboucher la perte de tissus, elles participent à la formation du tissu de granulation (tissu rouge vif et très vascularisé). De plus, la reconstitution de l’épithélium est lente (liseré rose au pourtour de la plaie qui recouvre petit à petit le tissu de granulation et qui constituera la nouvelle peau). Ces deux phénomènes occasionnent la formation d’un tissu de granulation excessif que l’on appelle les chéloïdes.

 

Les premiers soins.

Quelles que soient la gravité et l’étendue de la plaie la marche à suivre est identique en ce qui concerne les premiers soins.

Tout d’abord, observer attentivement l’entièreté du cheval. Il est très important que le vétérinaire soit bien renseigné sur l’étendue des dégâts avant son arrivée.

Commencez par décrire l’état général du cheval :

bulletEst-il abattu ou au contraire stressé ?
bulletPeut-il encore se déplacer ?
bulletCombien de plaies présente-t-il ?
bulletCombien de membres sont atteints ?
bulletPrésente-t-il une boiterie et de quelle intensité ?
bulletAccepte-t-il de boire et de manger ?
bulletEst-ce qu’il transpire excessivement ?
bulletEst-il en ordre de vaccination pour le tétanos ?

Si vous avez assisté à l’accident, il faudra expliquer son déroulement et en décrire la cause : fils barbelés rouillés, coup de pieds, objets tranchants souillés ou plus ou moins propres. En général les objets tranchants provoquent une contamination de la plaie moindre que des fils barbelés.

Si au contraire le cheval est retrouvé blessé en prairie ou dans son boxe, il est important de donner une estimation du temps écoulé depuis l’accident ( 1 heure, 6 heures, un ou plusieurs jours).

Vous décrirez ensuite la plaie en elle-même.

bulletLocalisation précise : membres et régions.
bulletL’étendue évaluée objectivement en centimètres.
bulletLa profondeur : visualisation de l’os, pertes importantes de tissus.
bulletLes structures qui vous semblent touchées (muscles, tendons, ligaments, gros vaisseaux sanguins, articulations).
bulletEvaluer la perte de sang.

Après avoir réuni toutes ces informations, appelez votre vétérinaire et faites lui part de vos observations. Ce dernier alors bien informé pourra se munir du matériel nécessaire.

En attendant l’arrivée du vétérinaire, rentrez le cheval dans un endroit propre, sec et bien éclairé. Son boxe fera bien l’affaire. Assurez à votre compagnon un milieu confortable et calme. Présentez lui de l’eau fraîche, car les grands stress et les pertes de sang excessives peuvent le déshydrater très rapidement.

Si le sang coule abondamment, comprimer de suite grâce à des bandages. Placez une serviette propre pour couvrir la plaie entourez le tout d’une bonne couche d’ouate ou de plusieurs sous-bandages propres (si possible) et serrer par dessus une bande élastique type vetrap ou à défaut une bande de travail.

Un garrot peut être éventuellement placé au niveau des membres entre le cœur et la plaie. Le problème du garrot est qu’il ne peut pas rester en place trop longtemps car il peut occasionner des dégâts aux tissus qui ne sont plus vascularisés (relâchez de temps en temps le garrot quelques secondes).

Un cheval de 500 kg peut perdre jusqu’à environ 10 l de sang avant de présenter des signes de choc hypovolémique. Au delà de cette quantité la vie du cheval est en danger.

Si au contraire l’hémorragie n’est pas trop abondante et qu’elle ne présente aucun risque pour la vie du cheval vous pouvez alors commencer le traitement de la plaie.

Les chevaux en prairie ont souvent le bas des membres souillé par de la boue, le vétérinaire pourra travailler dans de meilleures conditions si vous avez préalablement nettoyé toute la région ( un coup de brosse ou une douche seront bien venu).

Si vous posséder une tondeuse et que votre cheval est coopératif, tondez les poils au pourtour de la plaie après l’avoir protégée grâce à des compresses humides ou une serviette humide. Ce dernier détail permet d’éviter que des poils se logent à l’intérieur de la plaie, car une fois là ils sont difficiles à enlever.

Nettoyer le pourtour et l’intérieur de la plaie avec une solution d’isobétadine dermique ou de chlorexidine (Hibitane). L’idéal est de préparer une solution contenant 10 ml d’un de ces antiseptiques dans un litre de solution de NaCl 0,9%. Si vous ne posséder pas de liquide physiologique stérile, l’eau de conduite peut être employée : ce sera déjà mieux que rien.

La rapidité avec laquelle la plaie est rendue propre, permet de diminuer la colonisation de sa profondeur par des germes opportunistes et aide à une bonne cicatrisation. Vous pouvez utiliser une seringue pour asperger la plaie avec la solution, le liquide sous pression permettra de retirer une bonne partie des tissus dévitalisés et des corps étrangers présents au sein de la plaie.

L’eau froide sera préférentiellement utilisée car elle diminue le gonflement en provoquant une constriction vasculaire.

La dernière étape est la mise en place d’un bandage provisoire pour assurer la propreté de la plaie et la maintenir à l’abris de l’air ambiant. Il ne faut surtout pas couvrir la plaie de pommades cicatrisante ou de spray antiseptique avant l’arrivée du vétérinaire. L’utilisation de ces produits vont rendre l’examen de la plaie plus difficile. Les substances comme la teinture d’iode et les produits contenant de l’alcool sont à proscrire. Il est notamment déconseillé d’employer des savons pour nettoyer les plaies fraîches car ils peuvent causer des dommages tissulaires et retarder la cicatrisation.

N’administrer pas de médicaments (antibiotique, anti-inflammatoire) par voie générale avant les instructions spécifiques du vétérinaire.

En cas de plaies profondes avec ponction d’articulation ou de gaine tendineuse, en cas de rupture tendineuse ou ligamentaire, suivant l’avis de votre vétérinaire, vous serez peut-être contrains de transporter votre cheval dans un centre vétérinaire mieux équipé en vue d’un examen approfondi et éventuellement d’une chirurgie.

Ces petites manipulations simples sont à la portée de tous. Surtout, restez calme et gardez à l’esprit que plus vite la plaie est prise en charge plus la probabilité d’une guérison rapide augmente. Votre vétérinaire pourra faire du meilleur travail si le terrain est dégagé. La balle est dans votre camps, à vous de jouer.

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   Pour le Centre Vétérinaire des Grandes Plaines
Dr. Cuisenaire Adeline
0032(0)60-41-24-20

Bibliographie

Traitement des plaies récentes, N. Coté, L. Bouré ; Pratique vétérinaire équine, 2000 vol. 32, n° 125.