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Cheval d'Endurance : Le métabolisme musculaire.
Endurance : approche métabolique. Notions de base : 1) Généralités 2) Muscle anatomie 3) Formation de lénergie 4) Les différents types de muscles 5) La thermorégulation 6) Les électrolytes 7) Pathologies le plus fréquemment rencontrées 8) Lentraînement 9) Considérations alimentaires GENERALITES : Le métabolisme : Ensemble des réactions chimiques de transformation de matière
et d'énergie, catalysées par des enzymes, qui s'accomplissent dans tous les tissus de
l'organisme vivant.
Dans le cadre de cet exposé on se contentera daborder les bases du métabolisme musculaire.
Energie + Muscle = Contraction + Déchets + Chaleur
LE MUSCLE : Les muscles sont des machines qui convertissent lénergie chimique en énergie mécanique. Le muscle est composé de 75% deau, 22% de protéine et 7% de lipides. Constitution : Muscle est un ensemble de fascicules eux mêmes constitués dun ensemble de fibres musculaires. La fibre musculaire est en fait la cellule musculaire qui possède une forme allongée pouvant atteindre un longueur de 30 Cm. Chaque cellule est composée dun sarcomère contenant tous les organites indispensable à la production ATP, de la myoglobine (responsable de la couleur rouge et qui permet le stockage de loxygène au sein même de la cellule) et dune unité contractile ou myofilaments. On distingue deux types de myofilament :
Sous linfluence dun influx nerveux il y aura consommation dATP , libération dénergie et glissement des myofilaments les uns sur les autres entraînant ainsi une contraction du sarcomère sur toute sa longueur. ENERGIE :
Toutes les activités athlétiques nécessitent la conversion de lénergie chimique, procurée par lalimentation, en énergie mécanique qui se manifeste par la locomotion. Cette conversion est assurée par LAdénosine Tri Phosphate (ATP) qui est le carburant utilisé par les fibres musculaires lors de leur contraction. Un petit peu comme un moteur, lorsquil tourne à besoin constamment dessence, un muscle qui travaille à besoin constamment dénergie qui lui est fournie sous la forme dATP. Le muscle stocke suffisamment dATP que pour permettre quelques contractions, les réserves étant épuisées après seulement quelques secondes après le début de lexercice. Si lexercice continue sans interruption lATP doit être synthétisé et ce à la même vitesse que sa dégradation. Donc le cheval au repos consomme peu dénergie et la formation dATP se fait lentement. Par contre lors dun effort maximal lATP est consommé pratiquement 200 fois plus rapidement et donc sa formation devrait pouvoir se faire aussi 200 fois plus rapidement ce qui lui est impossible et loblige au bout dun moment à réduire lintensité de son effort. Une vitesse de production DATP qui serait insuffisante par rapport à la consommation engendrerait de la fatigue. MOTS CLES : 1) Carburant musculaire = ATP Energie ATP = ADP + Pi + ENERGIE 2) Equilibre entre production et consommation, si production inférieure à consommation = FATIGUE.
LES MECANISMES DE PRODUCTION DU CARBURANT
1 Glucose + O2 = 39 ATP + CO2 + H2O + Chaleur 1 FFA (Palmitate) + O2 = 129 ATP + CO2 + H2O + Chaleur N.B. : FFA = acide gras libre Dans le mécanisme aérobie les molécules de substrats (Glucose Acide gras libre) sont complètement dégradés en CO2 et H2O en présence doxygène. Cette dégradation saccompagne dune libération dénergie dont une partie servira à la formation dATP et lautre sera éliminée sous forme de chaleur.
ADP + Pi + ENERGIE = ATP Le métabolisme aérobie dépend donc fortement
Remarques importantes :
Conclusion : endurance = favoriser la consommation des acides gras conserver le glycogène en réserve pour éviter la fatigue.
2 ) Le mécanisme anaérobie ou lactique. 1 Glucose = 3 ATP + Acide lactique Il sagit donc dun mécanisme visant à produire de lénergie en labsence dO2 par lintervention dune enzyme ( LDH ). Ce mécanisme permet des efforts dintensité très violente mais de durée limitée ( 1 à 2 minutes maximum ) en effet par molécule de glucose ne sont produit que 3 ATP et une molécule dacide lactique qui ne peut être métabolisée et qui doit donc être éliminée par la circulation pour être détoxifié au niveau du foie. Laccumulation de cet acide au niveau musculaire va diminuer localement le Ph avec pour conséquences une diminution des fonctions enzymatiques aérobies ralentissement des réaction oxydatives, fatigue et douleur musculaire (Crampes). Astuce : il faut approximativement 3 heures pour que la vascularisation fasse disparaître les lactates au niveau dun muscle au repos. Par contre si le cheval est maintenu en mouvement ( effort de faible intensité ) ces lactates pourront être éliminés par le métabolisme aérobie ce qui va activer leur disparition. NE JAMAIS METTRE UN CHEVAL AU REPOS TOUT DE SUITE APRES UN BON EXERCICE. 3 ) Le métabolisme anaérobie alactique. Dans ce cas-ci lénergie est fournie par la créatinine phosphate. ADP + CREATINE-P = ATP + CREATINE Cette créatine phosphate est stockée dans le muscle et donc immédiatement utilisable pour la production dATP et présente lavantage de ne pas libérer de produits toxique. Mais elle ne pourra fournir de lénergie que pendant maximum 10 secondes car son stock musculaire ne peut être modifié ni par alimentation ni par entraînement. Par contre le reconstitution des réserves se fera en trois minutes si lon respecte un repos complet. 4 ) Interrelations entre les différents types de métabolisme. Les trois systèmes de production dénergie sont actifs quel que soit le type dexercice, cependant un type de métabolisme prédomine toujours. Celui-ci sera fonction de lintensité et de la durée de lexercice.
LES TYPES DE MUSCLES Les fibres musculaires diffèrent par leurs propriétés métaboliques et contractiles. Au point de vue contractile certaines fibres se contractent et se relâchent beaucoup plus rapidement que dautres ( fibres rapides fibres lentes ). La proportion des fibres rapides ou des fibres lentes ne sera pas modifiée par lentraînement elle reste constante tout au long de la vie du cheval. Au point de vue métabolique, bien que chaque muscle puisse générer de lATP par les trois possibilités ( aérobie, anaérobie lactique, anaérobie alactique ) certains sont mieux adapté à lun ou à lautre type de métabolisme par sa vascularisation ou par ses enzymes stockés. Ces différences au niveau contractile ou au niveau métabolique permettent de distinguer chez le cheval adulte 3 types de fibres musculaires :
Fibres lentes oxydatives ou Muscle rouge Caractéristiques : - ) Contractions Relaxations relativement lentes et utilisant le métabolisme aérobie - ) Riches en acides gras et en enzymes intervenant dans loxydation des acides gras - ) Glycogène et des enzymes glycolytiques en faible quantité. - ) Entourées dune trame capillaire très importante. - ) Diamètre faible pour faciliter la diffusion des substrats et de loxygène
Fibres rapides glycolytiques ou Muscle blanc. Caractéristiques : - ) Contractions Relaxations rapides et utilisant le métabolisme anaérobie lactique - ) Riches en glycogène et en enzymes glycolytiques anaérobies et pauvre en enzymes aérobies - ) Trame vasculaire peu dense - ) Diamètre élevé
Fibres rapides Oxydatives / glycolytiques ou Intermédiaires Caractéristiques : - ) Contractions Relaxations rapides - ) Riches en Glycogène - ) Par opposition aux deux types précédant elles sont fortement sensibles à lentraînement et en fonction de celui-ci deviendront plus oxydatives ou plus glycolytiques
Types de fibres dans différentes races de chevaux
LA THERMOREGULATION : Le cheval est très mauvaise machine puisque seulement 20% de lénergie dégradée est transformée en mouvement et 80% en chaleur. Pendant le travail on aura donc une forte augmentation de la température corporelle, par exemple un cheval au trot produit 100 Kcal/min. et 300 Kcal/min. au galop. Pour éviter toute augmentation exagérée de sa température le cheval dispose de 4 moyens pour dissiper cette chaleur produite au cours du travail. Ces moyens sont la radiation, la conduction, la convection, lévaporation.
LES MOYENS
Perte de chaleur sous forme de rayonnement infra-rouge. Plus la température extérieure est basse plus la radiation est élevée. Par contre dans des conditions de température extérieure proche de la température corporelle cette radiation va diminuer voire disparaître. Perte de chaleur par contact entre un corps chaud et un corps froid ( arroser un cheval avec de leau froide.) Perte de chaleur par mouvement de lair à la surface de la peau. Cet air va se charger de la vapeur et de la chaleur présentes au niveau de la peau.
LES FACTEURS AFFECTANT CETTE THERMOREGULATION 1 ) Rapport surface corporelle / Poids Le cheval est est un grand animal mais avec un faible surface corporelle et principalement chez les chevaux fort musclés.
Plus la toison sera importante moins la chaleur sera dissipée ;
LE MECANISME Laugmentation de la température corporelle provoque une stimulation de lhypothalamus qui va engendrer la libérations de médiateurs (Hormones essentiellement ladrénaline) qui à leur tour vont provoquer une vasodilatation cutanée (convection, conduction, radiation, évaporation), de la sudation et de la polypnée ( halètements)
EFFORT = CHALEUR = VASODILATATION +TRANSPIRATION + HALETEMENTS LE REFROIDISSEMENT APRES EXERCICE
Le principe consiste donc à assister les mécanismes naturels de refroidissement RADIATION : placer le cheval dans un endroit où la température est la plus basse possible. CONDUCTION : asperger le cheval avec de leau froide dont une partie se réchauffe et sécoule, lautre sévapore. CONVECTION : assurer un mouvement dair ( naturel = vent ou artificiel = ventilateur ) si pas de vent, faire marcher le cheval. EVAPORATION : de leau restée au contact des poils. Laddition dalcool dans leau accélèrera le processus dévaporation. Quand Les endroits les plus indiqués sont :
Les régions de forte densité musculaire seront évitées car leur refroidissement trop brutal aboutirait à lapparition de crampes voire de myopathie. Par contre lorsque la température du cheval reste élevée et quil risque lhyperthermie ces zones seront-elles aussi aspergées deau froide.
Les symptômes de lhyperthermie Température rectale ne diminuant pas après 20 minutes ( 39° - 40° ) Fréquences cardiaque et respiratoire élevées et synchrones ( Flutter diaphargmatique ) Si la température ne diminue pas, voire même augmente, le cheval risque le coup de chaleur ou Choc hyperthermique ( abattement, inappétence, fréquences cardiaque et respiratoire élevées, temps de remplissage capillaire augmenté ) pouvant entraîner convulsions, coma et mort.
LA SUEUR
La sueur contient :
Corps qui, fondu ou en solution, peut se dissocier en ions sous l'action d'un courant électrique. On distingue des ions de charge positives ou cations et des ions de charge négative ou anion. Ces ions ont un rôle vital dans lorganisme vivant puisque durant un exercice ils interviennent dans la balance des fluides, dans la transmission des influx nerveux et dans lactivité musculaire. Leau compose approximativement 60% du poids du cheval, soit pour un cheval de 450 kg 270 kg ou 300 Litres. Les 2/3 de cette eau se trouve dans le compartiment intracellulaire ( 200 litre ) et 1/3 constituant le compartiment extracellulaire. Ce compartiment est composé du plasma, de la lymphe, du fluide interstitiel et le fluide intestinal. Le sang constitue donc une partie de ce liquide extracellulaire et représente 10% du poids du corps soit à peu près 45 litres. Transfert du solvant d'une solution diluée vers une solution concentrée au travers d'une membrane dite permsélective. (Dans les organismes vivants, des transferts d'eau par osmose s'effectuent en permanence à travers la membrane des cellules.) Remplacement des électrolytes La sueur du cheval est hypertonique ce qui signifie que la concentration en électrolytes est plus grande dans la sueur que dans le sang. Pour un cheval qui ne transpire quirrégulièrement et en quantité modérée les fluides et les électrolytes perdu sont facilement remplacés par lalimentation. Par contre lors dexercice prolongé, particulièrement par temps chaud et humide, une supplémentation via alimentation ou eau de boisson devient indispensable. Voici une recette simple qui permet le remplacement électrolytes perdus dans un bon rapport :
3 parts de sel de cuisine ( NaCl ) 1 part de chlorure de potassium ( KCl ) Ce mélange peut être ajouter à la nourriture ou à leau de boisson à raison de 1 à 4 cuillère à soupe /jour en fonction de la quantité de transpiration. Attention si ajouté à la nourriture il vaut veiller à avoir un apport constant en eau.
PRINCIPALES PATHOLOGIES METABOLIQUES : Déshydratation Syndrome dépuisement Flutter diaphragmatique Coup de chaleur Anhidrose Troubles musculaires ( déjà abordés )
A) Déshydratation
Se produit lorsque les pertes de liquides sont supérieures aux prises de liquide. Ces liquides perdus proviennent en majeur partie du volume extracellulaire et principalement du sang, ce qui aura pour effet : perfusion tissulaire insuffisante, transport doxygéne défaillant, diminution des apports de substrats au niveau musculaire et augmentation de la fréquence cardiaque.
B) Syndrome dépuisement -) Etiologie : déplétion énergétique, déshydratation, perte délectrolytes, troubles de léquilibre acido- basique, vont provoqués des altérations dans le fonctionnement des systèmes nerveux et digestif -) Symptomatologie
C) Flutter diaphragmatique -) Etiologie / Symptômes Contractions spasmodiques du diaphragme synchrones aux battements cardiaques liées aux perturbations des équilibres électrolytiques qui vont provoquer des perturbations de fonctionnement du nerf phrénique. ( Hypocalcémie, hypokaliémie, alkalose ) . Ce phénomène est fréquemment observé chez les chevaux dendurance qui courent dans des conditions chaudes et humides.
D) Le coup de chaleur -) Etiologie : la production de chaleur excède les capacités délimination par le système de thermorégulation. -) Facteurs prédisposant :
-) Symptômes
E) Anhydrose -) Etiologie : impossibilité de produire de la sueur malgré les stimuli. Fréquent chez les chevaux vivant dans les climat tropicaux (chaud et humide)
LENDURANCE En une bonne vingtaine dannées lendurance est passée de la grosse Randonnée à une épreuve équestre Olympique où cheval et cavalier sont devenus des athlètes de haut niveau. En effet à lheure actuelle les meilleurs couples sont capable de tenir des vitesses avoisinant les 20 Km/h sur 160 Kms. Pour se faire il a fallu une longue sélection génétique et une évolution constante des connaissances du système métabolique permettant ladaptation des méthodes dentraînement. LA SELECTION : Le cheval idéal pour lendurance est petit ( 1.5m à 1.6m), léger, anguleux, avec des os fins, peu de graisse de couverture, des muscles minces favorisant le processus aérobie, possède un bon système de thermorégulation, un moral inaltérable, de bons aplombs et une très forte résistance à la douleur. Ce cheval aura de plus des systèmes cardio-vasculaire, respiratoire, locomoteurs sans le moindre défauts. Le cheval arabe et ses croisements remplissent au mieux ces conditions anatomiques et est donc devenu à quelques rares exceptions près le meilleur cheval dendurance. LENTRAÎNEMENT :
Lobjectif principal de lentraînement sera donc de stimuler au maximum les capacités aérobie de votre cheval.
Longues distances : Dès lage de 2 ou 3 ans lorsque les structure musculo-squeletique sont encore immatures et fortement sensible à lexercice. Au départ des sorties 3 à 4 fois par semaine pendant 15 minutes puis progressivement augmenter lintensité des sorties en y incorporant des petites phases de trot et de galop. Puis petit à petit augmenter la longueur des sorties et lintensité de leffort tout en veillant bien à maintenir la fréquence cardiaque sous 140 pulsations par minutes. Ces sorties se feront pendant 12 mois.
Phases de dressage : elles seront progressivement intégrées au programme dentraînement car elles apprendront au cheval à travailler la musculature de son dos et à engager ses postérieurs. Les voltes, appuyés, épaules en dedans lui apporteront la souplesse. Ces séance dassouplissements seront suivies par des massages de lencolure (mobilisation ) des masses musculaires, des tendons des façon à éviter lapparition des zones de douleurs ou de tension post exercice.
Mise en course : dès que le cheval aura atteint un bon niveau de base il sera mis sur de petites épreuves en compagnie dun cheval chevronné qui lui apportera le sérénité nécessaire.
Intervalles Training : améliorer la puissance de propulsion des membres postérieurs et amélioration des performances cardio-vasculaire. Il se feront de préférence en côte et progressivement : dabord au pas puis au trot puis au galop ; Au début ils pourront être effectués 2 fois par semaine et ensuite diminués à une fois par semaine.
Séances de galop.
Ladaptation cardio-vasculaire / Musculaire
CONSIDERATIONS ALIMENTAIRES Les principaux composants alimentaires chez le cheval dendurance sont leau et le fourrage ou la prairie.
Fourrage : de 2 à 2.5% du poids du cheval réparti en deux prises. Soit +/- 10Kgs pour un cheval de 450 Kg. Le type de fourrage ne semble pas jouer dinfluence sur les performances.
Concentré : sera distribué en fonction du travail et des éventuelles pertes de poids consécutives aux exercices demandés . On évitera toute fois de dépasser 3 Kg par jour. Laddition de graisse au concentré peut-être bénéfique dune part pour sa valeur énergétique et dautre part car cela stimulera la métabolisation des graisses par rapport au glycogène par lorganisme.
Electrolytes : ils seront administrés en fonction du programme dentraînement et ce proportionnellement à la quantité de transpiration. Ils peuvent être ajouter à la nourriture tout en veillant à mettre à disposition de leau à volonté, soit administrés directement dans leau de boisson.
Le jour dune course : il est recommandé de nourrir le cheval 3 à 4 heures avant leffort. Ce repas consistera en 2 Kg de concentrés et 3 Kg de fourrage avec eau à disposition.
ATTENTION : ne jamais nourrir moins de 2 heures avant la course car il y a un risque dhypoglycémie rebond consécutive à la décharge dinsuline post prandiale. Pendant la course : boisson à volonté, fourrage, concentré énergétique, électrolytes
Bibliographie : Principles and parctice of equine sports medecine : The Athletic Horse David R. Hodgson - Reuben J. Rose Current Therapy in Equine Medecine Edited by N. Edward Robinson Maladies du cheval Hanns - Jürgen Wintzer Conditioning Sport Horses Hilary M. Clayton |